Jean Marc GrobNatif de Bex, Jean-Marc Grob est un musicien et chef d’orchestre à la retraite depuis 6 ans. Il continue de partager ses connaissances par le biais de voyages et de cours organisés par l’Université Populaire du district d’Aigle. Retour sur le parcours incroyable d’un personnage drôle et touchant.

Premier mouvement : la naissance d’un artiste

Jean-Marc Grob est né à Bex «au milieu du XXe siècle», comme il aime le dire. À l’âge de 8 ans, il est poussé par ses parents à jouer dans une sorte de bébé-orchestre afin de faire ses premiers pas dans l’univers musical. On imagine alors que ce sont les prémices de sa passion, mais que nenni ! «Cet orchestre était dirigé par une dame insupportable qui m’a fait détester la musique…», se souvient-il. Toutefois, sa partition était déjà écrite, un artiste sommeillait en lui… Quelques années plus tard, âgé d’une douzaine d’années il eut une révélation : «Le Collège de Saint-Maurice dans lequel j’étudiais, organisait des concerts pour lesquels j’étais chargé, entre autres, de coller des affiches. Bientôt, j’ai trouvé ennuyeux de faire le «manoillon» pour des artistes, alors j’ai décidé d’apprendre à jouer d’un instrument.» Et c’est vers la flûte que Jean-Marc Grob s’est dirigé.

Deuxième mouvement : un chef d’orchestre accompli

Dans les années 70, alors professeur de flûte, après avoir suivi des études au Conservatoire de Lausanne puis à Zurich et Berlin, il ressent le besoin de monter un orchestre afin de faire jouer de jeunes musiciens. «Ce ne fut pas simple car, jusqu’à cette époque, seule une poignée de diplômés sortaient chaque année du Conservatoire, ce qui ne suffisait pas pour former un orchestre. C’était la période qui a suivi les événements de Mai 68 et les révoltes estudiantines. Et depuis, beaucoup de jeunes se sont lancés dans les métiers artistiques. C’est ainsi que peu à peu sont apparus de jeunes musiciens de talent.» Le 8 mai 1976, un premier concert est donné à Sion avec de très jeunes élèves sédunois. «Il rencontra un franc succès, à tel point que le père de l’une des musiciennes, qui organisait des concerts dans la banlieue lausannoise, nous a invité à venir y jouer. Mais certains parents de Sion, ville catholique, ne voulaient pas que leurs enfants aillent jouer dans une ville protestante ! Du coup, on n’a pris que des musiciens de lausannois formant ainsi l’Orchestre des Concerts de l’Ouest avec lequel nous avons joué plus d’une quarantaine de concerts.»

«Au début des années 80, le chef du service musical de la Radio Romande m’a demandé de créer un orchestre avec de jeunes musiciens professionnels pouvant être diffusé à la radio. Nous avons alors fondé l’Orchestre des Rencontres Musicales. Trois points faisaient notre force : la rencontre entre musiciens, la rencontre avec le public et surtout la rencontre avec un large répertoire : la musique ancienne, romantique ou légère en passant par le jazz et bien d’autres styles.» L’Orchestre des Rencontres Musicales a changé de nom en 1996. Là encore, cette histoire tend à faire sourire avec une nouvelle anecdote cocasse : «nous avions édité quelques CD qui ont fait le tour du monde. Mais, notre nom faisait un peu trop paroissial et surtout était intraduisible en japonais ; c’est ainsi qu’est né le Sinfonietta de Lausanne».

Très rapidement, l’orchestre s’est fait une place et s’est vu soutenu par différents sponsors mécènes. Il s’est déjà produit plus de 1500 fois à travers le monde, dont plusieurs représentations au Montreux Jazz Festival et a été dirigé à plus de 800 reprises par Jean-Marc Grob. «Cela représente plus de 4000 répétitions et quelque 4'000 œuvres jouées.» Le Sinfonietta est d’ailleurs une sorte de tremplin pour jeunes musiciens. «Près d’un tiers des membres de l’Orchestre Suisse Romande a d’abord joué chez nous.»

Troisième mouvement : une retraite active

En 2013, après avoir donné de nombreux concerts, sillonné le pays tout entier ainsi qu’à l’étranger et enseigné la flûte à plus de 500 élèves, Jean-Marc Grob a pris une retraite bien méritée. Depuis, les notes de sa passion continuent de s’élever en une douce mélodie. «J’ai participé à une soixantaine de voyages musicaux organisés par Kuoni pour présenter aux voyageurs les concerts ou les opéras qu’ils vont écouter ou voir le soir-même.» Il partage également ses connaissances dans des cours organisés à Ollon par l’Université Populaire du district d’Aigle. «J’y explique la musique et son fonctionnement. Il ne s’agit pas de cours d’histoire, j’ai horreur de l’académisme, mais des cours sur la pratique musicale.» Ainsi, la prochaine session de neuf cours qu'il donnera, débutera au mois de novembre et aura pour thème : les composants d’un concert. «L’idée est de montrer comment se prépare un concert, le rôle de chacun, des artistes aux maquilleurs en passant par bien d’autres personnes pour la gestion d’un tel événement, sans oublier la salle qui elle aussi à son importance, car chaque lieu offre une acoustique différente.»

Quatrième mouvement : une conclusion tout en poésie

On perçoit aisément cette flamme dans le regard de Jean-Marc Grob ainsi que cet amour lorsqu’il parle de musique de manière poétique et ludique. Il a surtout un plaisir fou à partager son expérience. Finalement, quand on lui demande ce que représente la musique pour lui, sa réponse vient du cœur : «la musique, en plus d’être une science, est un art. Et l’art, en plus d’être l’un des éléments qui forment la vie, résume toute l’activité humaine à travers les siècles.» La musique s’écrit, évolue, mais ne s’oublie pas. Sans aucun doute, l’histoire n’oubliera pas de sitôt l’engagement sans fin de Jean-Marc Grob.

 

Informations
Renseignement concernant les cours donnés à l’Université Populaire:
www.unipopaigle.ch
079 109 18 94
 
 
Photo: J. Bétant

 

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