Pierre-André Burnier a pris sa retraite le 30 avrilAprès 42 années de service à la Poste, dont douze à Bex, le Gryonnais Pierre-André Burnier a pris sa retraite le 30 avril dernier, non sans une certaine émotion. Il s’est ouvert telle une lettre qui nous transporte dans une autre époque, partageant avec nous ses souvenirs et ses rires.

L’entête

Originaire des Posses-sur-Bex, Pierre-André Burnier a suivi sa scolarité à Bex avant de débuter un apprentissage de secrétaire d’exploitation, terme employé à l’époque pour désigner une carrière de guichet et bureau. C’est à la Poste d’Aigle que l’aventure a débuté la première année, puis à Vevey, au Centre de formation pour la Suisse romande ouest. Au terme de son apprentissage, il a suivi – comme il le dit – la filière normale. Une filière toutefois bien différente d’aujourd’hui, puisqu’en quarante ans le système postal a grandement évolué. « Je suis parti deux ans en Suisse allemande, à Zürich, pour y apprendre la langue. De retour à Lausanne, j’ai ensuite travaillé dans les trains postaux. Un emploi de nuit durant lequel je triais le courrier ou les journaux que je transmettais ensuite aux facteurs », se souvient Pierre-André Burnier avant d’ajouter : « Ce métier n’existe plus, ce sont dorénavant des camions qui acheminent le courrier. » Quelques années plus tard, le Gryonnais a intégré la Poste de Vevey - « je travaillais au guichet et je faisais également des remplacements dans divers services » - puis celle de Gryon, en 1986 en tant que buraliste postal. « J’ai occupé ce poste durant 22 années avant d’être nommé responsable de l’office de poste de Bex. »

Le corps du message

En quarante-deux ans de carrière, l’ancien buraliste en a connu des évolutions… des révolutions au sein de l’entreprise. « La Poste de grand-papa a laissé place à la Poste 2.0 », explique-t-il avec le sourire. En effet, parmi les révolutions les plus importantes, nous pouvons citer la transformation de la Poste et des Télécom PTT en deux entreprises autonomes en 1998. Mais également l’automatisation qui s’est développée dans tous les secteurs. « Principalement depuis les années 2000, j’étais en formation continue pour apprendre à gérer les nouvelles machines et technologies qui intégraient l’entreprise. La Poste n’a de cesse de s’améliorer et vit dans l’ère du digital avec de plus en plus d’actions qui sont réalisées en ligne. Il faut donc être à même de conseiller correctement la clientèle », précise Pierre-André Burnier qui reconnaît que ça n’a pas toujours été facile. « J’ai d’ailleurs encore mon carnet jaune pour effectuer mes paiements. » Entre deux éclats de rire, l’ancien buraliste précise : « ça s’appelle la nostalgie. » Quant au meilleur souvenir de sa carrière, il ne peut se décider. « J’ai tellement de bons souvenirs. Ce que je peux dire sans hésiter, c’est que j’ai véritablement aimé ce métier, avec ses hauts et ses bas. Je me suis toujours levé le matin en ayant envie d’aller travailler. »

La signature

Durant la dernière semaine de sa carrière, une affichette annonçait son départ. « C’était aussi pour dire que j’allais bien, que je n’avais pas attrapé le coronavirus, mais que je prenais simplement ma retraite. « J’apprécie de pouvoir le faire en étant encore en bonne santé. » Une retraite active pour Pierre-André Burnier qui a encore plusieurs cordes à son arc. Il est notamment président de la Société de Tir des Représentants de Tell depuis 32 ans. « Je pratique encore le tir et participe même à quelques concours. » Il a également joué du trombone basse durant de nombreuses années à la fanfare des Posses. Lorsque cette société a cessé d’exister, il a rejoint la fanfare de Gryon. Il y a quelques années, l’ancien buraliste s’est également lancé dans la politique. D’abord membre de la commission des finances, puis ministre des finances, il a finalement été élu syndic de Gryon en 2016. « J’ai toujours été proche de cette commune. J’ai d’ailleurs occupé le poste de président de l’office du tourisme durant de nombreuses années. Mon but est de m’investir dans la collectivité publique et d’apporter ma contribution à cette région de montagne peu représentée au niveau cantonal. Si aux prochaines législatures je suis réélu, pourquoi ne pas aller encore plus loin en représentant et en défendant les idées de cette région à Lausanne. C’est simplement une idée, nous verrons bien ce que l’avenir me réserve. »

Le pied de page

En voilà une lettre bien fournie. L’histoire d’un buraliste souriant qui s’est passionné pour son métier. L’histoire d’un retraité qui a encore plusieurs cartes dans sa manche. Car, finalement, ce n’est qu’un chapitre qui se termine et qui laisse place à un autre. De nouveaux mots, de nouvelles idées, mais ce qui ne change pas, c’est cette bonne humeur contagieuse que Pierre-André transmet.

 

Photo : Zoé Gallarotti

 

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