Patric Muller sur le toit du chantier Delacrétaz à RochePatric Muller nous a ouvert les portes de son atelier de ferblanterie et couverture sis à Roche à l’occasion d’une interview qui s’est terminée sur le toit de l’un de ses chantiers. Rencontre et présentation de cet entrepreneur qui n’a pas le vertige.

Le toit d’une maison, c’est un peu comme le glaçage d’un gâteau. Nous ne voyons pas ce qui se cache dessous. Il ne s’agit pourtant pas uniquement d’aligner des tuiles. Un travail complexe est réalisé en amont. Aujourd’hui, les nouvelles constructions ou les rénovations doivent se conformer aux normes concernant les énergies renouvelables. Mais pour parler d’économie d’énergie, il faut d’abord penser à l’isolation thermique. Un point invisible, mais essentiel. Notons à titre d’exemple qu’une toiture traditionnelle peut perdre jusqu’à 30% de chaleur. C’est donc par là que débute le travail de l’entreprise Muller Toitures Sàrl. Mais remontons le temps afin de découvrir celui qui tutoie les toits du Chablais.

Un métier varié

Après avoir grandi à Territet et réalisé un apprentissage de ferblantier et de couvreur Patric Muller a rejoint en 2003 l’entreprise familiale, « Muller & Felix », créée en 1979. En 2007, il en reprend les rênes en optant pour une nouvelle raison sociale : Muller Toitures Sàrl. Il poursuit ainsi l’aventure, en veillant à proposer un travail de qualité, tout en agrandissant l’effectif. Actuellement, Muller Toitures compte dix-sept employés au total. Une attention particulière est portée sur les qualifications du personnel. À ce titre, l’entrepreneur s’implique dans la formation et œuvre en tant qu’instructeur aux cours pratiques et expert aux examens de fin d’apprentissage de couverture. « Nous avons par ailleurs formé onze apprentis, un aide qualifié, un Solarteur et un contre-maître couvreur. Mon équipe et moi-même aimons transmettre cette activité artisanale », confie-t-il.

L’entreprise, bien qu’essentiellement active en ferblanterie et en couverture, a d’autres casquettes : isolation thermique, façades ventilées, entretien des toitures, ferblanterie d’ornements, paratonnerre, réparations de dégâts naturels et pose de panneaux solaires. « Le 75% de notre activité consiste en la rénovation de bâtiments, comme ce fut le cas en 2018 pour l’Hôtel de Ville d’Aigle. Nous avons travaillé sur la ferblanterie et la ferblanterie d’ornements, la couverture ou encore le paratonnerre. Nous aimons travailler sur des monuments historiques, c’est plus contraignant, mais très intéressant. » En grimpant les quelques marches qui mènent au bureau de Patric Muller et de son équipe, des photos de bâtiments, maisons, églises et autres constructions habillent les murs. Nous découvrons ainsi un des plus gros chantiers de l’entreprise : un bâtiment locatif à Morges. « Il a fallu douze personnes durant neuf moi pour en venir à bout. »

Pour du neuf ou de la rénovation, Patric Muller aime relever les défis, « que ce soit des défis techniques ou même logistiques, comme ce fut le cas pour une cabane à Anzeinde pour acheminer le matériel. Il y a beaucoup de diversité dans notre métier et il n’y a pas deux toits qui sont pareils. J’aime également le rapport avec la clientèle et, bien sûr, travailler à l’extérieur. »

L’évolution

Afin de rester à la pointe des nouvelles avancées technologiques, Patric Muller a obtenu un Brevet Fédéral de Conseiller Energétique en 2011 et il est également devenu expert aux examens de conseiller énergétique. « Je trouve intéressant de pouvoir apporter des conseils et une vision plus globale des éléments à isoler. Ça apporte également plus de crédibilité. C’est comme pour le solaire ; le fait de connaître le support sur lequel nous posons les panneaux est un grand avantage pour un travail de qualité. »

Le métier de ferblantier est intimement lié à celui de couvreur, notamment en Suisse Romande. Il s’agit pourtant de deux formations différentes. Il faut aussi relever l’évolution de ces deux activités, notamment en ferblanterie. « À l’époque, nous n’achetions très peu de pièces. Tout était fabriqué artisanalement. » Le métier de couvreur à également évoluer avec les améliorations thermiques et le solaire.

Devant, Thomas Preice, apprenti 2e année, au fond, Grégoire Oertli à gauche et Mathieux Dorkel à droiteUne visite guidée

Un toit, après les diverses couches d’isolations réalisées à partir de matériaux divers, est composé de tuiles. Elles sont de différentes formes et couleurs et élaborées dans divers matériaux, principalement de la terre cuite, du béton de la fibres-ciment ou de l’ardoise naturelle. Toutes les tuiles ne peuvent pas être posées partout. Il existe un plan d’urbanisme qui réglemente l’aspect extérieur des habitations selon les régions.

En plus des tuiles, un toit est également composé de parties en métal. Il peut s’agir, par exemple, de raccord d’étanchéité entre la couverture et des lucarnes, tuyaux de ventilations, cheminées ou d’autres éléments, mais il y a également ce qui sert à canaliser les eaux de pluie ou tout simplement pour protéger des parties fortement sollicitées par l’humidité ou les rayons UV. « Beaucoup de ces pièces exigent une prise de mesures sur le toit et une fabrication en atelier pour une parfaite adaptation aux matériaux de couverture. Ce travail artisanal demande une excellente formation et un outillage spécifique que nous sommes à même de fournir. »

Cette explication donnée, Patric Muller nous emmène alors au cœur de son atelier. Des rouleaux de différents métaux attendent d’être façonnés. « Nous utilisons principalement du cuivre et du zinc, mais nous travaillons aussi de l’inox, de l’aluminium ou encore de l’acier galvanisé. » Différentes machines habillent la pièce, certaines sont plus traditionnelles. Sur un établi trône, aux côtés de nombreux outils, un arrosoir en cuivre réalisé par l’un des apprentis. « Nous achetons de nombreuses pièces préfabriquées ce qui nous permet d’économiser de l’argent, mais également du temps. En revanche, nous devons régulièrement mettre la main à la pâte pour certains éléments. »

Les lieux sont telle la caverne d’Ali Baba, entre les pièces préfabriquées, l’outillage, mais aussi les matériaux servant à l’isolation ou encore les tuiles. Patric Muller ne manque pas de rappeler l’importance de la sécurité. « Chaque employé dispose d’une boîte contenant le matériel nécessaire pour assurer sa sécurité. Harnais, casques, cordes et autres accessoires qui doivent être contrôlés et remis à jour chaque année. Le tout est remplacé tous les six ans. » La sécurité n’a pas de prix… mais la caisse coûte tout de même près de 700 francs. C’est grâce à cet engagement que Muller Toitures ne compte aucun accident grave.

Face à la pandémie

Malgré la pandémie actuelle, Patric Muller reste optimiste. « Au mois de mars, nous avons fermé deux jours, le temps de réaliser un concept de sécurité. Ensuite, et durant une semaine, nous avons travaillé en effectif réduit avant de reprendre nos habitudes. Certains chantiers ont pris plus de temps, mais nous les avons tous bouclés. Habituellement, entre la fin de l’été et l’hiver nous ne savons plus où donner de la tête. Cette année est plus calme. Certains contrats ont été annulés, d’autres repoussés. Sans oublier la concurrence qui est rude. Mais nous sommes implantés depuis de nombreuses années dans la région et nous avons su gagner en crédibilité. »

D’un chantier à l’autre, entre le Chablais et la Riviera, Patric Muller et son équipe laisse leur empreinte. Au-delà d’une passion, c’est aussi un savoir-faire qu’ils transmettent. La prochaine fois que vous observerez les toits des bâtisses de la région, vous apprécierez peut-être la patte de Muller Toitures.

                                                       

Informations
 
 
Photo : Zoé Gallarotti

 

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