Marie-Claire Nicolier Vouilloz tenant l’une de ses créationsIllustratrice, graphiste ou encore typographe, difficile de résumer le métier de Marie-Claire en un seul mot. C’est avant tout une artiste qui travaille dans un domaine en constante évolution.

Une lettre technique

Marie-Claire Nicolier Vouilloz est née et a grandi et étudié à Lausanne. Au départ, elle voulait être graphiste. Elle aimait dessiner, notamment des animaux. Après un stage peu concluant dans ce domaine, elle se retrouve finalement engagée dans une imprimerie comme apprentie compositrice typographe. « C’était un travail très technique et exigeant. Même si ce n’était pas exactement ce que je voulais faire, j’ai beaucoup appris. À l’époque, une imprimerie était constituée de nombreux secteurs dans lesquels j’ai évolué comme la préparation des textes, la saisie et la correction. », se souvient Marie-Claire Nicolier Vouilloz. Au milieu de son apprentissage, un grand bouleversement est survenu : l’arrivée du premier Macintosh. « L’ordinateur a ouvert de nombreuses perspectives. Certains secteurs ont disparu puisqu’avec cette technologie, une personne pouvait accomplir à elle seule le travail de plusieurs. »

Au terme de son apprentissage, Marie-Claire Nicolier Vouilloz a passé son brevet fédéral de typographiste afin d’approfondir ses connaissances. Après avoir travaillé en imprimerie et agence de communication, alors âgée de 30 ans, elle décide de se mettre à son compte. C’est ainsi qu’en 2004 elle ouvre l’Atelier agkura, qui signifie « ancre » en grec. « J’avais besoin d’un contact direct avec la clientèle, mais également de laisser s’exprimer ma créativité.

Une lettre artistique

Marie-Claire Nicolier Vouilloz travaille sur différents types de projets. Certains sont créatifs, d’autres plus techniques. Elle présente avec fierté, mais surtout passion, quelques-unes de ses créations : affiches, dépliants, livres, livrets, cartes de visite, prospectus ou même faire-part. Installée à Bex depuis six ans, sa griffe est visible dans le Chablais, notamment dans la cité du sel, comme une affiche pour le SEL (Système d’échange local), une autre pour le dernier marché de Noël ou encore le panneau d’accueil au Grainier. « Il s’agit d’un panneau de 3m50 de long sur 1m50 de haut. C’était un magnifique défi, notamment du point de vue de sa taille. » La Bellerine sort également de son sac un oiseau peint sur bois (voir photo). « À l’âge de onze ans, je dessinais mes premiers oiseaux. Je suis passionnée d’ornithologie. Cette réalisation m’a rappelé cette passion qui, en réalité, ne m’a jamais quittée. Je suis parfois saturée des écrans. L’illustration c’est comme un retour à l’équilibre. Tenir un pinceau ou une souris ce n’est pas pareil. » Certaines de ses affiches sont d’ailleurs entièrement réalisées à la main, même le lettrage, un peu comme ce qui se faisait à l’époque. « Ça revient à la mode. Les jeunes se réapproprient ces anciennes techniques. »

Marie-Claire Nicolier Vouilloz rappelle également l’importances des lettres et des mots. « Nous vivons dans un monde saturé par les images. Mais un projet purement typographique peut faire beaucoup. Avec une image, tout est donné. Tandis que les lettres offrent une approche différente. C’est comme lire un livre et ensuite voir son adaptation au cinéma. » Bien que les métiers des arts graphiques tendent à se démocratiser avec l’évolution des nouvelles technologies – au même titre que la photographie et d’autres domaines encore - la qualité a tout de même un prix. « Il ne s’agit pas simplement d’insérer un texte dans un bloc et d’y ajouter de la couleur. Il faut penser à de nombreux éléments comme, par exemple, le choix de la police d’écriture ou encore l’interlignage. Nous devons faire en sorte que le résultat ne soit pas fatiguant pour les yeux. Il faut également savoir enlever le superflu pour ne garder que l’essentiel. »

 

Une lettre d’avenir

Un métier vaste… Difficile pour l’artiste de le résumer en un seul mot. « L’essence de mon métier, se résume en la valorisation d’une idée, un projet, tout en créant une ambiance et en y ajoutant ma sensibilité. Dans toutes mes créations, il y a une part de moi, de mon vécu, de tout ce que j’ai pu enregistrer, que ce soit des sensations, des couleurs ou même des odeurs. La nature est également pour moi une grande source d’inspiration. La nature est parfaite. Nous ne faisons qu’interpréter, avec nos limites, ce qui nous entoure. »

Concernant l’avenir de son métier, Marie-Claire Nicolier Vouilloz est confiante. « L’ordinateur ne pourra jamais nous remplacer. Il est un outil à notre disposition et au service de notre créativité. De mon côté, je souhaite persévérer dans l’illustration en trouvant de nouveaux supports sur lesquels je peux créer. J’ai également très envie de créer des livres pour enfants », conclut-elle le regard rêveur.

 

Photo : Zoé Gallarotti

 

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